JEFFREY - SPIRITICA
JEFFREY - SPIRITICA
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JEFFREY - SPIRITICA
43.042272°N, -87.944846°W
Tête : Bière glacée, Accord popper, Orange blanche, Levure vivante, Aldéhydes acides
Cœur : Moquette sale, Oeillet, Sang coagulé, Sueur humaine, Lame tranchante
Pieds : Plastique fondu, Cave humide, Ambre, Bouleau, Vétiver
« J'avais ces désirs et ces pensées obsessionnelles que j'essayais de contrôler, mais je n'y arrivais pas. J'étais définitivement possédé. Je ne tuais pas parce que j'étais en colère contre eux, ni parce que je les détestais, mais parce que je voulais les garder avec moi et, à mesure que mon obsession grandissait, je conservais des parties de leur corps, comme des crânes et des squelettes. »
Entre 1978 et 1991, Jeffrey Dahmer a tué dix-sept hommes. Il les attirait avec calme et gentillesse, puis les droguait, les privait de vie et les conservait. Il dessinait certains d'entre eux, photographiait d'autres. Il essayait de les garder pour toujours. Devant le tribunal, il a déclaré : « Je n'agissais pas par haine. » Il disait l'avoir fait par amour, par besoin incontrôlable de posséder, de ne pas être abandonné, de garder avec lui ce qui, autrement, aurait disparu.
De cette obsession est né quelque chose de paranormal : la coexistence de deux présences dans le même corps, deux natures inséparables et en guerre. C'est dans cet espace suspendu que naît Jeffrey, deuxième parfum au monde dédié à un tueur en série et deuxième chapitre de la Crime Collection de Spiritica. Un parfum qui explore le double, l'esprit divisé, la tension entre la lumière et l'obscurité.
La composition est le fruit d'un travail collectif. Outre le fondateur Daniele Muratori Caputo, les nez Paolo Cerizza et Lorenzo Orlandi Berti ont collaboré à la création d'un équilibre olfactif complexe et dérangeant, où la froideur et la douceur s'alternent comme des états d'esprit.
L'ouverture est tranchante, froide, presque clinique : bière glacée, accord de poppers, orange blanche, levure vivante, aldéhydes acides. C'est l'odeur du quotidien qui se fissure, de la surface propre qui cache l'abîme.
Le cœur est une descente dans la mémoire : moquette sale, œillet, sang coagulé, sueur humaine, lame tranchante. Des odeurs qui restent suspendues dans l'air comme des présences, comme des empreintes du paranormal, comme les résidus d'un esprit qui ne fait plus la distinction entre le rêve et la réalité.
Le fond est doux, oppressant, inquiétant : plastique fondu, cave humide, ambre, bouleau, vétiver. C'est la caresse finale, le parfum de la possession et de la dépendance. L'amour qui ne libère pas, qui serre, qui veut survivre même au-delà de la fin.
Une mention spéciale doit également être faite au travail accompli par Lorenzo (et son équipe) de Only the dreamers, qui ont créé un bouchon unique au monde, avec un traitement floqué puis gravé au laser, très particulier, qui imite précisément la moquette de l'appartement de Jeffrey.
Jeffrey est une œuvre olfactive extrême. Une histoire d'attraction et d'anéantissement, de tendresse et de folie. Un parfum qui ne se contente pas d'évoquer : il reste, respire, s'empare.
Ce n'est pas un produit commercial. C'est une création artistique, libre et consciente, qui utilise le langage du parfum comme moyen de narration et d'introspection. Comme un film ou un livre, Jeffrey raconte, provoque et invite à la réflexion. C'est une œuvre d'art que l'on porte, un fragment d'humanité perturbée et réelle, transformé en expérience sensorielle.
Pour la construction historique et conceptuelle de ce parfum, le fondateur a également fait appel aux conseils de Daniela Cavallo, diplômée en droit et criminologue, qui a contribué à définir le profil comportemental du coupable et la dimension narrative du projet.
Comme elle l'affirme elle-même : « Le parfum devient un dialogue entre le stimulus émotionnel et narratif, une œuvre artistique qui explore l'âme humaine et ses contradictions. » « Dahmer évoque des notes très particulières et non conventionnelles. C'est un parfum narcotique, froid mais capable d'évoquer en même temps une sensation de chaleur : l'étreinte d'un homme. »
Après avoir été arrêté, Jeffrey Dahmer a plaidé coupable. Il a choisi de coopérer avec les enquêteurs et a demandé au juge la peine de mort, qui ne lui a pas été infligée car elle n'était pas prévue dans cet État.